J41 – Inconnu(s)

Sans titre

Did you wash your hands?

Les plus anciennes peintures rupestres seraient l’œuvre de Néandertaliens. (Source National Geographic)

Depuis tout temps, l’ absence de source dans la création artistique existe.

Qui est le créateur d’une oeuvre ?

Et a-t-il l’envie de le faire savoir ?

L’humanité est passée de la diffusion orale et rapide d’une information par le bouche à oreille, à une viralité à vitesse extrême.

La diffusion rapide et imprévisible d’un contenu (textes, photos, vidéos, liens, etc.) empêche souvent de connaître de créateur original d’une oeuvre. Cette oeuvre, dans la vitalité internet, se transforme, évolue, en passant de souris d’ordinateur à souris d’ordinateur.

Le confinement offre le moyen et le temps à l’humanité de création d’oeuvre infinies : La chaine internet, affublée de la notion « n’arrêtez pas la chaine »

En mettant fin à une chaine, en complétant son catalogue artistique d’une oeuvre virale,  Le Festival des Arts Confinés propose de déclarer la finition d’une oeuvre.

Arnaud NANO Méthivier, curateur du Festival des Arts Confinés

 

L’inconnu, le viral, le (X) artistique. Cela nous amène aujourd’hui à considérer l’oeuvre reproduite à l’infini.

L’échelle du reproductible de l’internet ne se mesure pas. Walter Benjamin dans L’Œuvre d’art à l’époque de sa reproductibilité technique (1936) développe que ce qui se perd dans l’œuvre d’art à l’époque de sa reproductibilité technique, c’est l’aura de l’œuvre, son hic et nunc (« ici et maintenant »). Il définit l’aura d’un objet par « l’unique apparition d’un lointain si proche soit-il ».
Alors qu’une oeuvre inconnue à tout le potentiel de devenir virale, donc infiniment reproduite par le mécanisme de réseaux sociaux et de partages, peut-on dire encore aujourd’hui qu’une oeuvre reproduite perd de son aura ? 
Dans le sens de Benjamin, nous pourrions dire que l’oeuvre s’inscrit indéfiniment dans le lieu (le web) et le temps (virtuel) qu’elle occupe. En un sens vulgaire, elle peut toucher, créer des émotions, et accroitre son audience autant que d’humains il y a. Mais en un sens littéraire, comme l’aura qui entoure l’objet, cela lui fait perdre tout rayonnement qui lui est originel.
Elle devient une reproduction, un objet à voir, à avoir, à stocker, à effacer, et perd avec le temps virtuel toute velléité de trouver sa source. La reproductibilité numérique potentiellement coupe court à tout contact avec le créateur.
Cela enlève t’il de la valeur à l’oeuvre ? A sa destination ? L’Origine de du monde (G. Courbet, 1866) est-elle la peinture que l’on voit à Orsay ? Ou bien celle qui existe aujourd’hui censurée sur Facebook ? 

Pierre-Marie PEM Braye-Weppe, curateur du Festival des Arts Confinés

 

Inconnu(s)collectif d’artistes inconnus

 

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