J17 – Anne Procoudine-Gorsky

La chute

 

L’Art Confiné se rapproche peu à peu de l’Art pariétal, réalisé par l’Homme sur des parois de grottes et abris sous roche, autant dire sur les murs de l’habitat confiné.

Si l’humanité se confine, fini l’art rupestre, sur rocher à l’air libre ou l’art mobilier transportable.

Et la thérianthropie, la transformation d’un être humain en animal ou vice-versa, de façon complète ou partielle pourrait bien revenir également à la mode, 14 000 ans après le dieu Cornu de la grotte des 3 frères dans les Pyrénées françaises.

La tête de chat mignon, le smiley a déjà envahi les écrans depuis l’invention des réseaux sociaux numériques.

Grand nombre de citoyens ont un profil à tête de chat mignon pour se présenter aux autres.

Anne Procoudine-Gorsky nous montre peut-être l’éclosion d’un art-thérianthropique assumé au XXIè siècle.

Car que reste-t-il de la représentation de l’humain dans un Art Confiné ?

Peut-être une absence prononcée de visages, cette partie du corps traditionnellement expressive que l’on grimait ou qui grimaçait, maintenant cachée derrière des écrans ou un masque.

A force de confinement dans sa grotte carrée qu’il a lui-même construit ou fait construire, le créateur moderne oublie peu à peu les visages et parce qu’il y a bientôt plus de chats que d’humains aux cotés des artistes, la représentation de l’Homme se fera peut-être bientôt systématiquement avec une tête de chat ou un smiley.

 

Pierre-Marie PEM Braye-Weppe et Arnaud NANO Méthivier, curateurs du Festival des Arts Confinés. (Antoine Méthivier, directeur de l’espace culturel Agora Off)

 

« Cette deuxième période de confinement fait écho à la première.

Ce virus a fait basculer notre monde dans l’incertitude. En réalité il était déjà incertain, nous avons juste pris conscience de notre fragilité, de notre mort imminente dans ce monde que nous détruisons. Mère Nature nous rappelle notre arrogance.

Le monde extérieur fait écho à mon monde intérieur : les repères s’ecroulent, les murs s’effritent, la vie me bouscule, je chute.

En fonction des jours, la chute est violente, rapide et terrifiante,ou lente et douce comme dans un songe. Le choc reste à venir, pourtant il est déjà présent, disloquant, écrasant, sidérant.

Je dessine chaque jour ma chute intérieure, pour faire face à la chute du monde avec plus de sérénité. »

Anne Procoudine-Gorsky

 

En savoir plus sur…

www.facebook.com/anne.procoudinegorsky

 

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