J24 – Samuel Moulin

Excès de zèle

Tourner le dos au futur ou inventer le patrimoine du futur ?

L’art confiné s’invente peu à peu pour devenir peut-être le patrimoine du futur.

Ici, Samuel Moulin, utilise son corps comme un graffiti qui vient peindre et imprimer sa toile naturaliste du réel. Comme pour marquer une révolte, et faire acte du présent. Imprévisible, la posture interroge : que faire lorsque l’on se retournera ?

 

Pierre-Marie PEM Braye-Weppe, Arnaud NANO Méthivier, curateurs du festival des Arts confinés

 

 » […] La photographie Excès de zèle s’inscrit dans une série appelée Arrangements, qui fait très facilement écho à la situation actuelle, qui semble inspirée par la situation actuelle, mais qui en réalité fait état, avec une forme d’humour parfois je l’espère, d’un confinement avant la lettre, d’un Art confiné par anticipation. […]Nous sommes là, dans nos maisons et nos appartements, à crouler sous nos objets, nos placards dégueulent de vêtements qu’on ne porte plus, nos étagères dégueulent de livres qu’on ne lit plus, et derrière la télévision la forêt de câbles est devenue si inextricable qu’on ignore quels appareils sont encore branchés, et lesquels ne le sont plus. Là se trouvent nos vies, me dis-je quand je suis d’humeur cynique. D’une enveloppe à l’autre, je passe de mon corps à mes vêtements, de mes vêtements à mes objets prothèses, et de cette constellation d’objets à l’enveloppe dure de mon foyer, en passant par une bassine en plastique, une tringle à rideau, une collection de pin’s. Prothèse, carapace. Les extensions de mon corps sont devenues si nombreuses, si envahissantes, si embarrassantes, que je ne sais même plus quelle place assigner à mon corps dans ce foutoir. Je deviens un objet parmi tant d’autres, je sens la sclérose advenir, j’étouffe. La série des Arrangements avait pour but initial d’illustrer cette confusion des corps et de leur environnement domestique, en proposant un traitement indifférencié de l’objet corps parmi ses diverses extensions. »

Un confinement redoublé par le confinement.

Samuel Moulin, photographe.

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