J45 – Manon Pichon

Quarantine contact

 

Commençons par donner la définition du spectacle vivant selon l’encyclopédie Larousse : « Spectacle qui se déroule en direct devant un public ». 
L’Art Confiné possèderait ainsi un handicap de taille ? J’entends par certains qu’il ne serait pas considéré comme du spectacle vivant. Il n’y aurait pas un rapport physique direct établi entre l’artiste et le spectateur.
Il n’y aurait pas de scène et pas de salle dans lesquelles se trouver pour vivre l’instant artistique. Tout cela nous manque, à toutes et à tous. Nous en sommes bien conscients.
Mais dans le spectacle vivant du XXIème siècle de toute évidence se trouve l’Art Confiné. C’est par réaction à ce manque que réagit l’artiste confiné en nous proposant de se concentrer sur nos perceptions les plus fines. Certains sens, l’ouïe et la vue, sont saturés de propositions (notamment par l’omniprésence du numérique). Mais d’autres nécessitent d’être activés, ressourcés.
En regardant tous les artistes de ce soir, il ne tient qu’à vous de travailler sur vos sens. D’être actifs.
Il nous est arrivé par le passé de voir du spectacle qui se dit vivant s’avérer être on ne peut plus mourant. En fait, il y a avant tout spectacle vivant lorsqu’il y a un artiste vivant ayant force de proposition, et surtout un spectateur vivant ayant soif de faire vivre en lui le spirituel.
Livrez-vous à l’art !

Pierre-Marie PEM Braye-Weppe et Arnaud NANO Méthivier, curateurs du Festival des Arts Confinés

 

 

« Quarantine contact a été réalisé durant le confinement dû au COVID-19 en avril 2020.

La vidéo, la performance ainsi que la musique ont été entièrement créés par moi-même. Vivant seule pendant le confinement et la « distanciation sociale »; le contact physique avec mes amis et mes proches me manque : cela a été mon point de départ.

On réalise que quelque chose nous manque lorsqu’on n’y a plus accès, et j’ai réalisé que serrer quelqu’un dans mes bras me manque même si je ne suis pas quelqu’un de spécialement extravertie ou très sociale. Je veux exprimer dans cette vidéo le sentiment du touché, brut, animal, qui est mis exergue par la musique, presque tribale.

C’est aussi l’expression de l’amour et du respect de soi. Mes pieds, mon dos, mes mains ne sont pas parfaits pourtant je les partagent au monde.

Cette œuvre visuelle et poétique évolue de manière quasi abstraite.

Filmer seule est aussi un challenge: personne pour faire le point, personne pour nous diriger dans le cadre ce qui accentue ce sentiment brut du film.

De même pour la musique, le principal instrument est une bassine à linge, croyez le ou non, qui est utilisée comme percussion. C’était pour moi une première en tant que « compositrice » et on peut entendre des imperfections certes mais je pense qu’elles servent le contexte brut et sauvage de la vidéo. »

Manon Pichon, artiste

En savoir plus sur…

https://manonpichon.com/

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