Résidistance DVDV/EDCEE # 34

Indisponibilité chron(olog)ique – Pour Nano

 

Résidistance DVDV/EDCEE – Daniel Van De Velde/Expérience De Confinement En Extérieur

Épisode 34 : Indisponibilité chron(olog)ique- le 06/05/2020   Pour Nano

1) J’ai fait coquillage de vie de mon temps de résidence dans une période (une époque?) de confinement. Le confinement ressemble à un accélérateur de particules de tout ce que nous vivons ordinairement dans cette époque truffée d’obsolescences. Mon cœur a continué de battre, de germer et je ne me suis pas laissé abattre par ce que la situation avait d’astreignant. Je suis devenu un bernard l’hermite intérimaire. Ce parc, ce magnifique lieu de résidence, expérience de confinement, m’a apporté plaisir et métamorphose comme rarement un temps de résidence aura su le faire. Peut-être celle au Japon où par le hasard de la prolifération des signes et de l’étrangeté des accords, je me suis intégralement ouvert au shintoïsme comme à une donnée existentielle fondamentale.

2) Merci à toute l’équipe pour ce temps qui je l’espère est, à dater d’aujourd’hui, de l’ordre du décompte responsable. Toute belle chose doit avoir une fin qui résonne comme un commencement pour reprendre les mots de Guillaume de Machaut. Merci à toi, Nano. Nos pulsations rythmiques se sont rejointes en 2018, le temps d’une nuit blanche et je ne pouvais pas alors prévoir tout ce que cela allait ouvrir de perspectives, d’humanité renouant avec elle-même par le filtre de tout ce qui est signes, sons et ententes pour rendre le monde disloqué et partiellement disséminé à force de virtualité, de nouveau envisageable. L’un des plus beaux cadeaux que tu m’as fait, au-delà de ton plaisir de jouer de l’accordéon pour entrer dans la danse et la transe des arbres évidés et segmentés, c’est de m’avoir fait connaître PEM. Il est, comme toi, riche d’envergures et d’expériences sonores et musicales qui nous basculent d’un monde à un autre en nous laissant envisager la force d’une nudité psychique passagère mais nécessaire. Belle force de vie que vous nous livrez parfois ensemble. Là réside sans doute la quintessence de la musique improvisée et/ou contemporaine. Merci aussi à ton fils, Nano, que je ne connais que comme web-master et qui, à tout le moins, a rendu possible ces liens en leur donnant une belle identité visuelle. Une esthétique relationnelle remise au goût du jour.

3) J’ai longtemps été conditionné par une forme particulière d’oubli que des cliniciens nomment dépression. En moi, celle-ci est profonde, intacte, elle ne suit pas le cours des métamorphoses communes sous forme de mode, d’actualité. Je suis né inactuel. Mère, père, sœurs et frères m’inondèrent parfois de leurs précarité d’hommes et de femmes. Et malgré cela, j’entretiens, depuis mes trois ans et demi, un jardin fait de friches et de terres retournées, les pulsations rythmiques du sens musical et sonore du monde. Je suis traversé par l’univers qui n’a cure de ce qui est monde en chacun de nous sauf à impulser un rythme cardiaque à chacune de nos oscillations. Et je reviens, expurgé de l’actualité de tout ce qui nous tue et tue la vie sur terre.


2 Comments

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    • Toujours aussi subtil dans tes perceptions. Effectivement un air d’Ars Nova fait référence ici… J’ai toujours aimé ce compositeur depuis qu’il y a fort longtemps, j’ai entendu le Lay de la Fonteine.

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